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Une bonne nouvelle vérifiable

Alopécie sévère : jusqu’à 55 % des patients retrouvent 80 % de couverture

Deux essais de phase 3 menés auprès de 1 399 patients montrent une repousse mesurable après 24 semaines d’upadacitinib. Les deux doses ont dépassé le placebo, avec une tolérance qui demande encore du recul.

Par Samuel Adjei · Rédaction

Vue de dessus d’un cuir chevelu présentant des zones de repousse, lors d’un examen dermatologique en consultation.
Illustration Gladly

Deux essais cliniques de phase 3 portant sur 1 399 adultes et adolescents atteints d’alopécie areata sévère ont mesuré une repousse nette sous upadacitinib. Après 24 semaines, jusqu’à 55,0 % des patients recevant la dose de 30 mg avaient retrouvé au moins 80 % de couverture capillaire du cuir chevelu. Dans les deux essais, les résultats obtenus avec les doses de 15 mg et de 30 mg ont dépassé ceux du placebo sur ce critère défini à l’avance.

Deux essais conçus pour comparer le traitement au placebo

L’alopécie areata est une maladie immunitaire systémique chronique. Elle provoque une perte de cheveux non cicatricielle, c’est-à-dire sans destruction définitive des follicules par une cicatrice. Les travaux publiés dans JAMA Dermatology se sont concentrés sur sa forme sévère chez des personnes âgées de 12 à 64 ans.

Les deux essais internationaux ont été menés d’octobre 2023 à juillet 2025. Ils étaient randomisés, en double aveugle et contrôlés par placebo : ni les participants ni les équipes chargées de l’évaluation ne savaient quel traitement était administré pendant la période de comparaison. Sur les 1 399 patients inclus, 1 281 étaient adultes et 118 adolescents.

Pour participer, chacun devait présenter un score SALT d’au moins 50. Ce score sert à quantifier la part du cuir chevelu touchée par la perte de cheveux. Les participants ont été répartis entre une prise quotidienne de 15 mg d’upadacitinib, une prise de 30 mg ou un placebo, selon un ratio de 2:2:1. La phase contrôlée en double aveugle a duré 24 semaines. Ce cadre commun rend les résultats des groupes directement comparables sur la même durée. Il permet aussi d’observer séparément l’effet des deux doses testées. L’inclusion conjointe d’adultes et d’adolescents décrit une population étendue en âge, mais tous les participants partageaient le même niveau minimal de sévérité à leur entrée dans les essais.

Une repousse observée avec les deux doses

Le critère principal était précis : atteindre un score SALT inférieur ou égal à 20 à la semaine 24. Ce seuil correspond à une couverture capillaire d’au moins 80 % du cuir chevelu. Il permet donc de comparer les groupes à partir d’une mesure commune, plutôt que de s’en tenir à une impression générale de repousse.

Avec la dose quotidienne de 15 mg, 45,2 % des patients ont atteint ce seuil dans le premier essai et 44,6 % dans le second. Dans les groupes placebo, les proportions étaient respectivement de 1,5 % et 3,4 %. L’écart s’est ainsi retrouvé dans chacun des deux essais.

À 30 mg, les proportions ont été plus élevées : 55,0 % dans le premier essai et 54,3 % dans le second. Ces données ne signifient pas que tous les participants ont retrouvé l’intégralité de leurs cheveux. Elles indiquent que, selon le seuil retenu, environ la moitié des patients traités ont atteint au moins 80 % de couverture du cuir chevelu en 24 semaines, contre une petite minorité sous placebo.

Un bénéfice à examiner avec la tolérance

Les chercheurs ont également recensé les effets indésirables pendant le traitement. Tous essais réunis, des événements indésirables graves ont concerné 9 patients, soit 1,6 %, dans les groupes recevant 15 mg. Ils ont touché 13 patients, soit 2,3 %, avec 30 mg, et 1 patient, soit 0,4 %, sous placebo.

Parmi les événements rapportés chez plus de 5 % des patients dans au moins un groupe figuraient les infections des voies respiratoires supérieures, l’acné, l’élévation de la créatine phosphokinase dans le sang et la rhinopharyngite. Ces observations ne gomment pas le résultat sur la repousse, mais elles comptent dans l’appréciation du rapport entre le bénéfice et les risques, notamment lorsque la dose augmente.

Les essais apportent ainsi une mesure comparative robuste à court terme chez des patients dont l’atteinte était sévère. La présence de deux études distinctes, conduites avec le même critère principal, permet aussi de constater que l’ordre de grandeur du résultat est proche dans les deux populations étudiées.

Ce qui reste à faire

Le résultat porte sur 24 semaines et sur des personnes ayant une alopécie areata sévère : il ne permet pas de conclure à l’efficacité à long terme ni à toutes les formes de chute de cheveux. La tolérance doit rester mise en balance avec le bénéfice, car des événements indésirables graves ont été observés. Un suivi prolongé et des données recueillies hors essai restent nécessaires.

La nuance compte

Ce qui reste à faire

Le résultat porte sur 24 semaines et sur des personnes ayant une alopécie areata sévère : il ne permet pas de conclure à l’efficacité à long terme ni à toutes les formes de chute de cheveux. La tolérance doit rester mise en balance avec le bénéfice, car des événements indésirables graves ont été observés. Un suivi prolongé et des données recueillies hors essai restent nécessaires.

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Sources

Sources vérifiées le .

  1. 01Upadacitinib for Severe Alopecia Areata in Adults and Adolescents: Two Phase 3 UP-AA Randomized Clinical Trials
  2. 02A Study to Evaluate the Safety and Effectiveness of Upadacitinib Tablets in Adult and Adolescent Participants With Severe Alopecia Areata

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