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Une bonne nouvelle vérifiable

Le tutorat par téléphone soutient les maths quand les écoles ferment

Dans cinq pays, des appels hebdomadaires de 20 minutes, complétés par des SMS, ont amélioré les compétences en calcul d’enfants du primaire pendant les fermetures liées au Covid-19.

Par Samuel Adjei · Rédaction

Un enfant travaille sur un cahier de mathématiques pendant un tutorat par téléphone, assis à une table dans un intérieur simple.
Illustration Gladly

Dans cinq pays, des enfants du primaire accompagnés chaque semaine par téléphone et par SMS ont progressé de 0,321 écart-type en moyenne sur les opérations numériques, par rapport aux groupes témoins. Mesuré pendant les fermetures d’écoles liées au Covid-19, ce résultat indique qu’un lien pédagogique à distance, bref et adapté au niveau de chaque élève, peut entretenir les apprentissages lorsque la classe devient inaccessible.

Vingt minutes par semaine, pendant huit semaines

L’étude rassemble cinq essais contrôlés randomisés conduits en Inde, au Kenya, au Népal, aux Philippines et en Ouganda. Ils se sont déroulés en 2021-2022, alors que la pandémie de Covid-19 avait entraîné la fermeture des écoles. Tous concernaient des enfants du primaire vivant dans des contextes où les ressources éducatives sont limitées.

Le dispositif associait deux contacts réguliers. Les familles recevaient des SMS chaque semaine et les enfants bénéficiaient, eux aussi chaque semaine, d’un tutoriel téléphonique de 20 minutes. L’accompagnement durait huit semaines. Les échanges portaient sur les bases de la numératie et leur contenu était ajusté au niveau constaté de l’enfant, plutôt que calé sur une progression identique pour toute une classe.

Dans chaque essai, la répartition aléatoire entre les groupes permettait de comparer les enfants qui recevaient l’accompagnement à ceux du groupe témoin. Le même principe a donc été éprouvé dans cinq cadres nationaux différents, avec une mesure commune portant sur les opérations numériques. Cette méthode aide à attribuer l’écart observé au programme, dans les conditions précises où il a été déployé pendant les fermetures.

Cette combinaison a produit un gain moyen mesurable dans chacun des cinq pays. La participation suivie chaque semaine se situait entre 70 % et 80 %, signe qu’une majorité d’enfants a effectivement pu prendre part aux appels malgré la période de fermeture. La qualité de l’adaptation pédagogique restait toutefois inégale : la part d’élèves correctement ciblés atteignait 50,9 % au Népal, contre 81,5 % en moyenne en Ouganda.

Les appels renforcent nettement l’effet des SMS

Les résultats distinguent la formule complète des messages envoyés seuls. Avec uniquement des SMS, l’effet moyen était de 0,078 écart-type. Des effets statistiquement détectables n’apparaissaient alors que dans une partie des contextes étudiés, en Ouganda et aux Philippines. Avec les tutoriels téléphoniques ajoutés aux messages, la progression moyenne atteignait 0,321 écart-type dans l’ensemble des cinq pays.

L’écart suggère que transmettre des exercices ou des indications ne remplace pas l’échange avec un adulte qui peut écouter l’enfant et ajuster la difficulté. Le protocole testé ne permet cependant pas de séparer entièrement le rôle de l’appel de celui des SMS : le résultat principal porte bien sur leur association.

L’Ouganda donne une mesure plus concrète du déplacement observé. Les élèves ayant reçu les tutoriels par téléphone ont gagné 1,193 niveau d’opération. La proportion atteignant le niveau de compétence le plus élevé a, elle, augmenté de 34,4 points de pourcentage. Ces résultats éclairent l’effet moyen, sans effacer les différences de contexte entre pays.

Un dispositif réalisable par plusieurs types d’intervenants

Au Népal et aux Philippines, les essais ont aussi comparé les personnes chargées des appels. Les enseignants du secteur public ont amélioré les apprentissages de 0,40 niveau d’opération, tandis que les assistants d’organisations non gouvernementales ont obtenu un gain de 0,30 niveau. Dans les deux cas, l’amélioration était statistiquement significative.

Cette comparaison montre que le tutorat n’est pas lié à un seul profil d’intervenant. Elle ne signifie pas que les modalités sont interchangeables partout : la formation, la connaissance des élèves, la disponibilité du personnel et la qualité du ciblage peuvent peser sur les résultats. Elle indique néanmoins qu’une réponse éducative à distance peut s’appuyer sur les équipes scolaires comme sur des assistants d’ONG.

Le coût estimé était d’environ 11 dollars américains (US$11) par enfant pour huit semaines. D’après l’étude, 100 dollars américains (US$100) consacrés au programme correspondaient à 3,6 années de scolarité ajustées sur l’apprentissage. Cet indicateur met en relation la dépense et les acquis réellement mesurés, ce qui permet de comparer plus précisément l’efficacité du dispositif à son coût.

Ce qui reste à faire

L’effet testé est celui d’appels accompagnés de SMS, et non celui d’appels seuls ; son ampleur varie selon les pays et les conditions de fermeture. Il reste à mesurer la persistance des acquis et à confirmer les résultats lors d’autres crises, hors contexte Covid-19.

La nuance compte

Ce qui reste à faire

L’effet testé est celui d’appels accompagnés de SMS, et non celui d’appels seuls ; son ampleur varie selon les pays et les conditions de fermeture. Il reste à mesurer la persistance des acquis et à confirmer les résultats lors d’autres crises, hors contexte Covid-19.

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Sources

Sources vérifiées le .

  1. 01Mobile education builds resilience during shocks in five countries
  2. 02Phone-call tutorials improve learning cost-effectively during education emergencies

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